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MARGUERITE LECOMTE

Par Soeur Bénédicte Ferbach

Avant la révolution, en France, aller à l’école et apprendre à lire, à écrire, à calculer étaient réservés aux riches et surtout aux garçons. Car il fallait pouvoir payer l’enseignant. Dans les villages, à la campagne, la situation était dramatique : il y avait parfois une petite école, tenue par ce qu’on appelait un régent. Mais seuls les garçons y allaient. Et encore quand il n’y avait pas trop de travail dans la champs. Les filles de la campagne devaient aider leur mère : faire le ménage, garder les moutons, etc…

Jean Martin Moÿe, prêtre à METZ à cette époque, a vu la misère des filles de la campagne. Il en était touché. En réfléchissant et en priant, il a eu l’idée de former des jeunes filles de METZ pour être maîtresse d’école et de les envoyer dans les petits villages pour faire la classe aux petites filles. Il se mit à chercher et il rencontra, dans sa paroisse, une jeune femme : Marguerite LECOMTE.

Marguerite était née en 1737. Elle travaillait à l’usine mais savait lire et l’apprenait à une amie. A l’appel de Jean Martin Moÿe qui lui avait demandé : «  Aimeriez-vous faire l’école ? », elle répondit : « J’aimerais bien. Mais je n’ai ni la science, ni rien de ce qu’il faut pour être une maîtresse d’école. Je suis une pauvre fille. »

Mais elle accepta. Et le 14 janvier 1762, par un temps froid d’hiver, elle arriva à Saint Hubert, un pauvre petit hameau près de METZ, en pleine campagne. Elle n’avait pas de logement. Encore moins une salle pour faire la classe. Le premier jour, elle fut accueillie par une dame du hameau qui accepta de l’héberger pour la nuit. Le lendemain, on lui donna une ancienne étable qui devait lui servir de logement et de salle de classe. Et elle y reçut les 3 premières fillettes. Les parents étaient réticents car ils perdaient leur aide et une main d’œuvre précieuse. Mais Marguerite ne se découragea pas et réussit, en allant dans les familles, à les convaincre. Son école était gratuite et elle vivait de la charité des gens.

M. LecomteC’est ainsi qu’est née la 1e école des Sœurs de la Providence. Très vite des petites écoles furent établies à Vigy et à Befey, autres hameaux près de saint Hubert. Le projet de Jean Martin Moÿe n’était pas du goût des riches, ni de l’évêque. Aussi, Marguerite LECOMTE dut arrêter sa mission pendant un certain temps. Elle en fut triste mais elle accepta cette interdiction venue de l’évêque de Metz comme une épreuve. Très vite, l’évêque revint sur sa décision et Marguerite, tout comme les autres jeunes femmes recrutées, put reprendre son service auprès des fillettes pauvres de la campagne.

Lentement, les gens des campagnes se sont mis à les apprécier et ils leur donnèrent comme nom : les sœurs de la Providence. Après avoir travaillé pendant 50 ans à Saint Hubert, Marguerite LECOMTE se retira à Portieux où elle mourut en 1835, âgée de 98 ans. Elle avait consacré toute sa vie au service des pauvres filles de la campagne. Elle y avait vécu simplement, se contentant de ce qu’on voulait bien lui donner.

C’est la première sœur de la congrégation.