Jeudi 8 décembre, notre classe de 5 e PAC est partie découvrir la ville de Colmar. La matinée a débuté par une visite du musée Unterlinden où nous avons plus particulièrement pu apprécier le passage artistique qui s'opère entre le Moyen Age et la Renaissance à travers des exemples de peintures. L'aboutissement de ce cheminement était bien entendu l'étude du célèbre retable d'Issenheim.
L'après-midi, un circuit au centre de la ville nous a permis de parcourir les richesses de la cité. A cette occasion, différents groupes d'élèves ont préparé la visite et ont endossé leur casquette de guide touristique pour nous faire découvrir les joyaux architecturaux de l'époque médiévale et de la Renaissance. Bien heureusement, nous avons bénéficié de la présence d'un invité de marque pour cette sortie : en effet, le soleil nous a accompagnés tout au long de la journée !

Le groupe à la découverte de Colmar
Voici ce que nous avons découvert…
Laurence, Liza et Marie-Julie nous ont tout d'abord donné une présentation historique de la ville de Colmar au Moyen Age :
« Avec l'effondrement de l'empire romain, l'aristocratie de Colmar est massacrée par les Francs (peuple germanique). La région va alors être dominée par les Mérovingiens (dynastie qui régnait sur les Francs) puis, par la suite, christianisée.
Mais ce n'est qu'à l'époque carolingienne qu'il exista avec certitude un domaine royal, véritable petite capitale. Il faudra attendre le début du IXème siècle pour qu'apparaisse le premier texte mentionnant Colmar quand Louis Le Pieux fit don d'un domaine dans les environs.
La petite commune se développa progressivement et accéda au statut de ville au début du XIIème siècle, sous la souveraineté de l'empereur Fréderic II. C'est aussi à cette époque que commencèrent à s'installer diverses communautés religieuses, telles que les Franciscains, les Dominicains et les Augustins. Colmar, ancienne ville du Saint-Empire romain germanique, entra dans la liste des dix villes de la Décapole d'Alsace en 1354.
Vers la fin du XVème siècle, le représentant de l'empereur d'Allemagne en Alsace, a besoin d'argent. Charles le Téméraire lui accorde un prêt mais réclame en contrepartie la moitié de la province, jusqu'à remboursement de ce prêt. Dans la région concédée, Charles délègue un bailli (agent du roi chargé de gérer les richesses d'une province) du nom de Pierre de Hagenbach. La cruauté de ce bailli est telle que les villes d'Alsace se hâtèrent de rembourser le Téméraire. Mais, une fois le prêt remboursé, Hagenbach refuse de céder sa place. Battu et fait prisonnier, il est condamné à avoir la tête tranchée. L'honneur de l'exécution revient au bourreau de Colmar. La tête du condamné momifiée est conservée au Musée Unterlinden, ainsi que le glaive du bourreau.
De nos jours, la zone piétonne du vieux Colmar permet d'admirer les innombrables richesses d'un patrimoine remarquable. Le Moyen-Âge a laissé dans la vieille ville de superbes exemples d'architecture gothique comme la Collégiale Saint-Martin ou l'église des Dominicains.
L'architecture religieuse tient une place à part : présents à Colmar dès le XIIIème siècle, les Dominicains et les Franciscains nous ont laissé de remarquables ensembles architecturaux et quelques bâtiments civils remarquables. »
Le circuit débutait au musée Unterlinden où Pierre et Alexandre nous ont rappelé que ce lieu abritait d'abord un couvent de Dominicaines :

« Nous avons visité le musée Unterlinden et avons vu le retable d'Issenheim, un tableau en plusieurs parties, peint sur bois par un artiste allemand, Grünwald, pour le couvent des Antonins à Issenheim. Mais Unterlinden n'a pas toujours été un musée. Construit en 1252 de style gothique par Agnès de Mittelheim et Agnès de Hergheim, c'était d'abord un couvent de Dominicaines. En effet, c'est à cette époque que les Dominicains, ordre mendiant, s'installent dans les villes. Après la Révolution, il devient une caserne de militaires puis en 1847, une école de dessin et aujourd'hui le musée d'Unterlinden. »
Nous avons profité de cette période de l'Avent pour faire un tour au marché de Noël. C'était l'occasion pour Elias et Clément de rappeler l'histoire de ces marchés :
« Les premiers marchés de Noël apparaissent au XIVème siècle en Allemagne ou en Alsace. Les marchés de Noël sont organisés par la communauté tous les décembres. On peut y trouver beaucoup de boutiques avec des produits venant de la région ou de la commune. Le marché de Noël est accompagné d'illuminations et de décorations.
Le marché de Noël de Colmar existe, depuis 1570. Il fait partie des traditions de l'Alsace et apparaît en même temps que la tradition de l'Avent avec sa magnifique couronne. De plus, au XVIème siècle, un sapin est placé, le 24 décembre, dans le chœur des églises d'Alsace où il représente l'arbre du Paradis. A l'origine, le sapin est garni de pommes rappelant le fruit de la tentation, d'hosties figurant les fruits de la rédemption, et de fleurs de papiers multicolores.
Il est peu à peu reproduit dans les maisons et s'enrichit au XVIIème siècle de décorations, angelots et étoiles en papier.

Grâce au Marché de Noël, toute la ville est illuminée et décorée. On peut y trouver plusieurs boutiques avec des marchands locaux. Il y a le vendeur de vin chaud, un vendeur de bredeles. Aujourd'hui, il y a en tout cinq marchés de Noël répartis dans la ville de Colmar. Il y a un marché de Noël place des Dominicains, au pied de l'église des Dominicains, place de l'Ancienne Douane où il y a des boutiques d'artisanat, place Jeanne d'Arc avec ses boutiques culinaires et des artisans. Le dernier est dans le quartier de la Petite Venise où l'animation est très importante. »
Place des Dominicains, Lucie B. et Chloé H nous ont présenté l'église :
« Voici l'église des Dominicains. Cette église de style gothique fut bâtie de 1285 à 1295 sur le modèle de l'ordre religieux des mendiants dominicains.
L'ordre des mendiants dominicains est un ordre religieux qui dépend de la charité pour vivre. Il est donc installé au cœur des villes médiévales.
L'intérieur de l'église est austère, ce qui signifie sans ornements, lumineux et d'une grande élégance. Les vitraux de la première moitié du XIVe siècle représentent des scènes de la vie du Christ.
L'église abrite le célèbre tableau de la vierge au buisson de roses. En 1458, un incendie ravagea le couvent qui fut reconstruit dans le même style. Aujourd'hui, une partie du cloître est une bibliothèque municipale. L'église est devenue un lieu culturel qui accueille de nombreuses expositions tout au long de l'année. »
Oriane et Léa ont d'ailleurs apporté quelques précisions sur la Vierge au buisson de roses :

« La Vierge aux buissons de roses est un tableau peint sur bois en 1473 par Martin Schongauer. C'est une peinture religieuse exposée dans l'église des Dominicains après avoir été volée à la Collégiale Saint-Martin.
Martin Schongauer était un peintre et graveur alsacien qui vécut à Colmar en 1450. Il a orné les murs de la cathédrale de Vieux-Brisach avec ses fresques représentant le jugement dernier, sa dernière œuvre restée inachevée. Il a aussi peint plusieurs tableaux dont :
- La Sainte Famille (vers 1480)
- Le retable de la vierge (vers 1475)
- La Nativité (vers 1480)
- La vierge aux buissons de roses (vers 1473)
La Vierge Marie tient dans ses bras l'enfant Jésus, un buisson de roses se situe derrière elle. La vierge est vêtue de rouge. Son regard est dirigé vers la gauche et celui de l'enfant vers la droite. Au-dessus d'elle se situe deux anges qui portent la couronne divine. Elle est entourée d'une voûte où s'entremêlent anges et plantes. »
Puis, au cœur de la ville, nous avons découvert grâce à Lucas et Vincent une église gothique remarquable : la collégiale Saint-Martin :
« L'église Saint-Martin, ancienne collégiale surnommée « cathédrale Saint-Martin », est l'édifice religieux le plus important de la ville de Colmar, en Alsace, et l'une des plus grandes églises du Haut-Rhin. Elle est classée dans la liste des monuments historiques de la ville.

La première église fut bâtie vers l'an mil. Pour la deuxième, aucune date n'est connue. La reconstruction de l'édifice actuel fut effectuée de 1234 à 1365. La construction commencée par le transept, poursuivie par les trois nefs et les clochers, s'achève sur le chœur et son déambulatoire. La date exacte d'achèvement des travaux est indéterminée, puisque l'édifice ne fut jamais totalement terminé : la tour nord n'a jamais été achevée.
Le 13 mai 1572, un violent incendie détruit la flèche du clocher sud, les toitures et les combles de l'église. La flèche n'a jamais été reconstruite depuis.
Depuis 1802, elle est devenue église paroissiale.
La longueur intérieure est de 78 mètres, la hauteur de 20 mètres, la largeur de transept de 34 mètres et la hauteur de la tour de 71 mètres.
La sonnerie de la collégiale de Colmar est considérée par les experts comme l'une des plus harmonieuses de France. Suite à l'incendie de 1572, huit nouvelles cloches avaient été construites. Elles furent victimes de la Révolution Française. »
A côté de la collégiale, Dominika et Valentine nous ont présenté la maison Adolphe, l'une des plus anciennes de Colmar :

« Juste en face de la Collégiale, on trouve une des maisons les plus anciennes de Colmar, la maison Adolphe. Elle doit son nom à l'un de ses propriétaires. Elle est citée dès 1371 et pourrait avoir été construite en même temps que la collégiale (c'est-à-dire entre 1235 et 1365).
La façade du premier étage présente quatre baies surmontées d'ogives (arc diagonal qui renforce une voûte gothique) à doubles lancettes. Au deuxième étage, entre les baies carrées, se trouve une belle arcade à triple lancette dont l'ogive et ajourée par des rosaces. Il semble que les artisans qui y ont travaillé aurait bien pu être les mêmes que ceux de la collégiale.
Le puits devant est daté de 1592. Il était initialement installé rue Mercière. Il est surmonté d'une potence (support en forme d'équerre) très ouvragée avec deux têtes de lions. »
Nous nous sommes rendus ensuite près du temple Saint-Mathieu où Lucie R. et Célia nous ont rappelé le riche passé historique de ce lieu :
« Le temple Saint-Matthieu est de style gothique, ses fenêtres sont hautes et fines.
C'est une ancienne église franciscaine. Elle a été construite au XIIIème siècle. Malgré son style gothique, elle est très peu décorée. Le temple possède tout de même un très bel orgue.
Après avoir été vouée au culte catholique des Franciscains, l'église fut un hôpital au XVème siècle. Elle a été dévolue ensuite au culte protestant, puis par la suite le chœur est revenu aux catholiques. C'est pour cela que l'on peut y voir deux clochers, l'un pour les Catholiques l'autre pour les Protestants. Les deux cultes catholique et protestant se pratiquèrent en même temps de 1715 à 1937, un mur séparait le chœur catholique de la nef protestante.
L'église a été restaurée il y a quelques années pour retrouver son état d'origine. Actuellement l'église est plutôt consacrée à l'art. (Expositions de tableaux, concerts…). Elle accueille chaque année le festival international de musique à Colmar. »

Marie et Mélissa nous ont fait découvrir non loin de là une maison typique de la Renaissance, la maison Kern :
« Elle fut construite entre 1978 et 1594 par un négociant, Nicolaus Schutheiss. Elle se situe entre la rue saint-Jean et la Grand'rue. Elle domine la place du marché aux fruits avec ses cinq étages séparés par des corniches. La maison est typique de la renaissance allemande avec ses rampants curvilignes agrémentés d'ailerons et d'obélisques qui ressemblent à l'aile ouest de l'œuvre Notre-Dame de Strasbourg et à la maison des têtes (cf plus loin).
Kern vient du nom du propriétaire du siècle dernier, George Kern (1820-1898), président de la société d'embellissement de Colmar. Malheureusement, nous ne pouvons pas la visiter car elle appartient désormais à des privés. Elle fut classée aux monuments historiques en mars 1990.
Les propriétaires ont récemment découvert au deuxième étage des plafonds ornés de têtes et de motifs végétaux. »
Un des monuments civils les plus importants de l'Alsace médiévale nous a été présenté par Tom, Marc et Matthieu. Il s'agit du Koïfhüs :
« C'est le bâtiment public le plus ancien de la ville de Colmar. L'Ancienne Douane (ou Koïfhüs) est achevée en 1480 et toutes fonctions politiques et économiques sont arrêtées au XIX ème siècle.
A l'époque, elle joue un rôle très important dans la vie économique. Le rez-de-chaussée, notamment, servait d'entrepôt et de lieu de taxation des marchandises importées et exportées dans la cité.
Elle avait aussi un rôle politique. La salle de l'étage abritait les réunions des députés de la Décapole, fédération des dix villes impériales d'Alsace de 1354 à 1679. Elle a aussi servi un temps d'hôtel de ville à Colmar. Cet édifice est constitué de deux bâtiments :
- Le premier, surmonté de l'aigle bicéphale, date des années 1480.
-Le second est du XVIème siècle et comporte un escalier datant de la Renaissance qui mène à la salle de la Décapole.
Depuis le 16 Octobre 1930, l'intérieur du bâtiment et les annexes sont classés aux monuments historiques. »
Le petit groupe s'est ensuite attardé dans le quartier des Tanneurs pour écouter les explications d'Alexandrine et de Juliette :

« Au préalable quelques définitions :
tanneur : personne qui tanne ou vend des peaux.
tanner : préparer des peaux avec du tanin pour en faire du cuir.
tanin : substance qu'on retire de l'écorce du chêne, du châtaignier etc… qu'on utilise pour rendre les peaux imputrescibles (résistantes).
Non loin du Koïfhus, cet îlot de maisons alsaciennes d'artisans du XVIème siècle, était placé sur le canal des moulins qui quittait la ville. Pour éviter la pollution et les mauvaises odeurs du traitement des peaux, ces demeures à colombages ont leur toiture ouverte pour faciliter la circulation d'air en vue de faire sécher les peaux. Les tanneurs sont souvent repoussés en raison de la puanteur que leur activité dégage (les animaux morts et les produits pour tanner sentent très mauvais).
Nous nous sommes frayé un chemin au milieu des touristes très nombreux dans le quartier de la petite Venise pour écouter Hugo :
« La petite Venise s'appelait autrefois le quartier du quai de la poissonnerie et était un centre de pêche plutôt important. Les maisons à colombages s'ouvrent sur la rivière de la Lauch comme à Venise, d'où son nom, même si elle évoque davantage une « Bruges alsacienne ». On peut y faire des balades en barque à fonds plat. Ce quartier est l'un des points de vue les plus connus du vieux Colmar. »
la Petite Venise
Nous avons emprunté ensuite l'artère la plus typique de Colmar : la rue des Marchands. Notre halte devant la maison Pfister était un peu compliquée car la rue était noire de monde. Mais ça n'a pas arrêté Lorène et Claire qui ont joué les guides pour cette présentation :
La maison Pfister
« La maison Pfister a été construite en 1537 par un chapelier de Besançon qui s'appelait Ludwig Scherer. La maison fait l'objet d'un classement au titre de monument historique depuis le 14 mars 1927. On peut distinguer son architecture par :
Une très longue galerie de bois décorée et peinte qui représente des empereurs et des figures religieuses ;
Son oriel d'angle à deux étages.
La maison est construite selon un style Renaissance. Son nom actuel provient d'un de ses propriétaires du XIX° siècle. Elle est située au 11 rue des marchands, elle est probablement la maison la plus connue de Colmar. Elle est construite en pierre et en bois et est presque entièrement peinte sur les deux étages qui la composent. »
Le circuit s'est terminé avec Elise et Emma devant la maison la plus atypique de Colmar : la maison des têtes :

« La maison des têtes fut bâtie en 1609 par Albrecht Schmidt pour Anton Burger qui sera maire quelques années plus tard (1626). Cette maison est décorée de figurines et de 106 têtes humaines, elle possède l'un des plus beaux oriels.
Le décor peint associe des thèmes bibliques et des représentations d'empereurs. Elle possède un tonnelier réalisé par Auguste Bartholdi (célèbre sculpteur colmarien), ce personnage se trouve sur le pignon (haut de la façade avant). C'est depuis 1898 qu'elle possède un restaurant et un hôtel de haute renommée. C'est aussi à cette date qu'elle est classée monument historique. Au XXème siècle, elle abritait la Bourse aux vins de Colmar. »
Un grand merci aux guides de la journée !!!

La classe de 5 e PAC